APPA'S 86 Association Pour la Protection des Abeilles

APPA'S 86   Association   Pour   la   Protection   des   Abeilles

Info du Jour

COMMUNIQUÉ - Stéphane LE FOLL, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt a dévoilé les grands axes du Plan pour le développement durable de l’apiculture pour la période 2013-2015 à l’occasion d’un déplacement au sein d’une exploitation apicole dans la Sarthe.


À cette occasion il a annoncé vouloir mobiliser des moyens nationaux  et européens à hauteur de 40 millions d’euros pour ce plan triennal afin de relever le défi de la mise en place d’une filière apicole durable et compétitive.

L’ambition de ce plan est de faire de la France l’un des grands pays apicoles de l’Union européenne alors que chaque année la France importe 25 500 tonnes de miel sur les 40 000 consommées. Ce plan vise également à développer le cheptel apicole dans un contexte de fragilité généralisée des colonie d’abeilles.

«  Au-delà de l’aspect économique, la mise en place d’un plan de développement durable de l’apiculture doit permettre la préservation de la population d’abeilles, ce qui est indispensable à la vie végétale  », à déclaré Stéphane Le Foll.

Articulé en 17 axes et déclinés en 115 actions, le plan triennal de développement durable de l’apiculture propose ainsi une approche globale, qui prend en compte : 
- La santé des abeilles et des colonies d’abeilles 
- Le soutien à la recherche dans le domaine de l’apiculture 
- Le développement du cheptel français 
- La formation et l’installation des jeunes apiculteurs 
- L’organisation de la filière apicole et de la production

 

 

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Des insecticides couramment utilisés dans l’agriculture seraient responsables de l’hécatombe des abeilles en Europe. Bruxelles aimerait imposer un moratoire sur leur utilisation mais les fabricants n’ont pas l’intention de se laisser faire.

 

"Le déclin des insectes pollinisateurs menace les rendements agricoles"

 

Deux études argentines montrent que le déclin des pollinisateurs sauvages risque de menacer à terme la productivité agricole et le rendement des récoltes.

La première étude réalisée par des chercheurs de l'Université nationale de Rio Negro a porté sur 41 types de productions agricoles situées sur six continents. Les scientifiques ont constaté que les insectes sauvages pollinisaient les cultures plus efficacement que les abeilles domestiques. Ces pollinisateurs sauvages induisent deux fois plus de fleurs fécondées qui se développeront en fruits ou en graines que les abeilles. Ce travail montre en outre que les abeilles domestiques ne pourraient jouer qu'un rôle subsidiaire en matière de pollinisation, sans pouvoir remplacer ces insectes sauvages.

L'autre travail a été effectué par des biologistes de l'Université de l'Illinois à partir des réseaux de plantes et de pollinisateurs recueillis sur une période de 120 ans. Ces recherches montrent que les services apportés par la pollinisation naturelle risquent d'être affectés à la fois par les perturbations des habitats naturels et par le réchauffement climatique.

Ces recherches montrent que l'efficacité globale de la pollinisation diminue depuis un siècle sous l'effet de multiples facteurs : disparition accélérée des espèces d'insectes, perturbations des périodes de floraison et enfin réduction des surfaces occupées par les plantes et les insectes.

Les auteurs de ces travaux rappellent qu'une protection de ces insectes et de leur habitat est indispensable pour assurer la maintien de la productivité agricole.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

 

TERRE

L’industrie des accrocs alimentaires

DÉCRYPTAGE : Malgré des aides importantes, l’agriculture française reste énergivore, inégalitaire et dangereuse pour l’environnement.

Par LAURE NOUALHATELIANE PATRIARCA 
 Article parru dans Libération du 22/02/2013

 

L’affaire des lasagnes a mis à jour les contradictions d’une industrie agroalimentaire toujours plus dévoreuse d’énergie et de matières, engagée dans une course aux bas prix. Avec 147 milliards d’euros engrangés en 2009 et 400 000 salariés, c’est le premier secteur industriel français. Il dépend intégralement du travail des agriculteurs. Leurs méthodes de production, héritées d’un autre âge pour la plupart, épuisent l’environnement, ne rémunèrent pas toujours équitablement les hommes et consomment trop d’énergie. Alors que s’ouvre aujourd’hui le 50e Salon international de l’agriculture, retour sur trois symptômes d’un système malade.

Le bio au rythme d’un escargot

Tout le monde en veut, mais l’agriculture française la boude. En 2012, 64% des Français ont consommé bio au moins une fois. «C’est une vraie tendance de fond puisque la part des consommateurs réguliers (au moins une fois par mois) s’élève à 43%, tandis que 8% des Français en consomment tous les jours», note l’Agence bio. Devant l’insuffisance de certaines productions, notamment de fruits et légumes, il faut importer 32% des produits labellisés. Le bio en France ne concerne qu’un million d’hectares, soit 3,7% de la surface agricole utile (SAU). Le Grenelle de l’environnement avait fixé d’ambitieux objectifs (20% de la SAU en 2020), hors de portée vu les moyens accordés. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a renoncé aux 20% et s’est contenté de viser un doublement des surfaces d’ici à la fin du quinquennat. «Ces objectifs sont plus modestes, mais atteignables au moins», indique Dominique Marion, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Pour soutenir le bio, deux leviers principaux : la restauration collective et la qualité de l’eau. François Hollande avait promis que 20% des commandes de la restauration collective d’Etat seraient passées en bio, avant de renoncer. Quant à la qualité de l’eau, une directive européenne impose à la France d’atteindre un «bon état écologique» en 2015. Mais les associations attendent encore l’interdiction des pesticides sur les bassins versants des 509 captages prioritaires identifiés par le Grenelle.

Redonner des ailes à l’apiculture

Les 40 000 apiculteurs français sont à la peine et perdent à 20 à 30% de leurs colonies tous les ans. Près de 25 000 tonnes de miel sont importées chaque année de Chine, des pays de l’Est ou d’Espagne, soit plus de la moitié de la consommation tricolore. Début février, le ministre de l’Agriculture a dévoilé un plan de soutien triennal à la filière, doté de 40 millions d’euros pour inciter des milliers de jeunes à se lancer et installer un million de colonies d’abeilles supplémentaires. Ce qui ne sert à rien si on ne s’attaque pas au principal problème des abeilles : les pesticides. Le déclin des insectes s’accélère depuis les années 90, avec le recours massif aux produits dits systémiques ou «néonicotinoïdes», comme le Cruiser, le Gaucho ou le Poncho. Le principe : la semence est enrobée d’insecticide, la plante s’en imprègne tout au long de sa croissance et devient toxique pour les insectes. Très efficace pour la protection des céréales, délétère pour les abeilles. En janvier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments l’ a enfin reconnu, et Bruxelles a demandé aux gouvernements d’interdire trois de ces produits pendant deux ans sur les cultures de colza, maïs, tournesol et coton. L’Union des apiculteurs français (Unaf) juge cette mesure insuffisante : les modes de contamination sont multiples et les pesticides peuvent rester présents dans les sols jusqu’à trois ans après leur utilisation. L’Unaf demande une interdiction générale. Elle cite en exemple la Slovénie, grand producteur de miel, qui a interdit totalement ces pesticides depuis trois ans et où les pertes d’abeilles ont diminué. Idem en Italie, où la mortalité est passée de 37% à 15% par an après l’interdiction de ces produits sur le maïs en 2008. Mais la France s’abrite derrière la future décision européenne pour ne rien faire : les Etats membres ont jusqu’à la fin du mois pour en débattre.

L’impasse des marées vertes

Les algues vertes, problème symptomatique de l’impasse dans laquelle se trouve la France avec son agriculture intensive. Depuis quarante ans, les plages bretonnes sont envahies par ces algues qui prolifèrent à la faveur d’un déversement excessif de nitrates dans l’eau de mer. Ces nitrates proviennent de l’épandage massif d’engrais azotés (lisier ou fumier) nécessaires aux cultures et élevages intensifs. Avec 7% de la surface agricole française, la Bretagne rassemble 50% des élevages de porcs et de volailles et 30% des bovins ! Depuis des années, Bruxelles menace Paris de lourdes amendes pour non-application de la directive de 1991 qui limite l’usage des nitrates et interdit l’épandage à certaines périodes. En vain : plus de la moitié du territoire français est concerné par cette pollution et quinze départements pâtissent de marées vertes. Fin 2012, le gouvernement a fini par adopter des mesures pour mieux protéger les points de captage de l’eau et les nappes phréatiques, ce qui pourrait éviter à la France les pénalités qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros. Mais la FNSEA, principal syndicat agricole, juge que l’application de la directive menace la compétitivité des agriculteurs, et a réclamé, mi-janvier, la démission de Stéphane Le Foll.

 

 

 

Gros Buzz

Pourquoi l'abeille répond a toutes les questions que se pose l'Homme...

 

Bien que menacées par les frelons asiatiques, les abeilles ne sont pas encore en voie d'extinction totale. Fort heureusement, car les hommes ont besoin d'elles pour comprendre leur environnement politique...

 

«Le jour où l’abeille disparaîtra, l’humanité n’en aura plus que pour trois ans ». Voilà ce qu’aurait annoncé Albert Einstein à la fin de sa vie. Peu importe que cette fameuse prophétie soit très probablement un faux, le succès de cette rumeur citée à tout propos suffit à montrer que l’abeille n’est pas un insecte, ni même un animal comme un autre. Aucun, d’ailleurs, ne fait aussi régulièrement la Une des journaux, aucun ne fait l’objet d’autant de sollicitude, et pourtant l'abeille n'est sûrement pas encore l'espèce la plus menacée parmi toutes celles qui sont en péril.

 

Les causes possibles de cette surmortalité sont nombreuses : la colonisation de la quasi totalité de la planète, il y a une vingtaine d'années, par Varroa  Destructorcet acarien venu d'Asie, qui se nourrit de l'hémolymphe de l'abeille et effectue son cycle reproductif à l'intérieur du couvain de la ruche; l'utilisation massives de pesticides; l'importation d'abeilles étrangères qui contribue à l'appauvrissement génétique des races locales et à la diffusion planétaire de virus, mycoses et autres bactéries; la perte de la diversité des espèces florales et, plus récemment, l'arrivée du frelon asiatique. Toutes ces causes pouvant s'additionner, et amplifier leurs effets. Il est aussi frappant de constater que leur inventaire offre un condensé impressionnant de peurs et d'angoisses qui terrifient nos sociétés contemporaines.

 

Cela révèle une chose : l’abeille est perçue comme une sorte de miroir de l’humanité et comme le baromètre de son destin. Et ce n’est pas nouveau : les penseurs de toutes époques et civilisations ont cherché dans la ruche les secrets de la nature et les mystères de la culture. Cet animal fabuleux - c’est-à-dire, au sens strict, propre à la fable - a toujours fourni, depuis la nuit des temps, à la fois un modèle et un emblème pour l’homme, qui a quêté dans l’étrange cité apicole des réponses à toutes ses questions. Petit florilège…

 

L’abeille écolo… ou comment conserver l’équilibre nature / culture ?

Si l’abeille a des leçons à donner, c’est qu’elle-même se situe à la charnière troublante des deux ordres. Prenons le miel : c’est un produit mi-cultivé mi-sauvage ; le plus naturel des produits de la culture (il peut être consommé sans transformation), mais aussi le plus culturel des produits de la nature (à l’inverse de la plupart d’entre eux, il ne pourrit pas !).

 

De même, la ruche : elle est, d’un côté, un ordre spontané qui ne connaît ni les troubles de l’histoire ni les affres de la liberté ; mais, d’un autre côté, elle ressemble pourtant à s’y méprendre aux organisations économico-socio-politiques les plus sophistiquées.

 

Quant à l’abeille elle-même, c’est, dit le prophète Ezechiel, «un animal tout petit, mais [dont les] œuvres sont immenses»; son comportement atteint pour beaucoup les sommets les plus sublimes de la raison (géomètre génial pour les hommes des Lumières), de la vertu (épouse idéale pour les Anciens) et de la sagesse (puisqu’elle n’a pas besoin de philosophie). Elle reste sauvage à l’état domestique (sa piqûre est redoutable), et domestique à l’état sauvage (elle produit le miel même sans apiculture). On comprend que la mythologie et la philosophie aient pu faire un usage immodéré de cette abeille. Si proche et si lointaine de l’humaine condition, elle incarne l’équilibre et l’harmonie du monde, le secret de ses origines et la clé de sa pérennité.

 

L’abeille politique… ou comment organiser la cité ?

La ruche a aussi fasciné par son organisation. D’apparence monarchique, elle sert de modèle aux monastères médiévaux et d’emblème à l’Empire, car, selon Cambacérès, conseiller « com' » de Bonaparte, « elle offre l’image d’une République qui a un chef ».

 

Mais le plus surprenant est qu’elle sera recrutée aussi bien par les anarchistes que par les libéraux. Proudhon y verra le symbole d’une organisation coopérative parfaite, où la coercition a été définitivement éradiquée ; Marx la comparera à l’architecte pour montrer la spécificité du travail humain. Mais, bien avant eux, l’anglais Bernard Mandeville écrivait la fameuse Fable des abeilles (1705), texte fondateur du libéralisme, dont le sous-titre est en soi un programme : les vices privés font le bien commun. Par où l’auteur entendait montrer que la prospérité d’une nation vient rarement de ses qualités morales …

 

L’abeille économiste… ou comment penser le capitalisme?

Il y a un exemple tout récent de l’usage de l’abeille. Dans son (autre) appel du 22 mars (en 2010), Daniel Cohn-Bendit comparait l’action politique à venir au travail de la ruche : « J’imagine une organisation pollinisatrice, qui butine les idées, les transporte et féconde d’autres parties du corps social avec ces idées ».

 

La métaphore lui venait de son conseiller et ami, l’économiste Yann Moulier-Boutang (L’abeille et l’économiste, éd. Nord, 2010) qui se sert de notre insecte pour penser une nouvelle forme de capitalisme : le capitalisme cognitif, dont Google serait, selon lui, le modèle. Il est fondé sur le développement maîtrisé des réseaux d’intelligence collective. Alors que nous croyons utiliser Google pour rechercher de l’information, c’est en réalité Google qui nous utilise afin de hiérarchiser les contenus grâce à nos clics, qui sont autant de votes. Leur accumulation produit une richesse informationnelle inestimable. Nous serions ainsi exactement dans la situation des abeilles qui, cherchant à produire le miel pour elles-mêmes, favorisent en fait la pollinisation générale et la prospérité de la production florale et fruitière. Et on pourrait multiplier les exemples, en parlant du buzz sur internet (mot qui vient du bruit de l’abeille), des modèles d’organisation en entreprises, etc.  

 

Bref, d’Hésiode à Marx, d’Aristote à Mandeville, de Virgile à Proudhon, de Saint Augustin à… Cohn-Bendit, l’abeille n’en finit de nous fournir ses leçons de morale, de politique et de sagesse… Située à de multiples carrefours (animal/végétal, totalité/parties, nature/culture, sauvage/domestique, science/technique, ancien/moderne, technique (nature à maîtriser)/poésie (nature à chanter), elle est le symbole du grand débat de notre siècle : celui du rapport de l'homme à la nature. Jadis l'homme était fini et tout petit par rapport à la nature infinie ; aujourd'hui, l'homme, qui prétendait à l'infini, prend d'autant plus conscience de sa finitude qu'il perçoit celle de la nature. Le spectre de la fin des abeilles le renvoie à l'angoisse de sa propre disparition. Pour qui se pique de philosophie, le monde de la ruche est décidément un beau et vaste sujet…



26/02/2013
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